Fondation Tourre

Soutien financier à la recherche fondamentale contre le cancer

Fondation reconnue d'utilité publique, décret du 1er ministre en date du 9 février 2010

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Céline Vallot, lauréate du Prix Fondation TOURRE en 2019

Céline Vallot est directrice de recherche au CNRS et responsable du groupe Dynamique des altérations épigénétiques du cancer (DEpiC). Avec son équipe, elle étudie les mécanismes d'évolution tumorale, comprendre comment une cellule cancéreuse s'adapte aux traitements par exemple. Spécialisée en biotechnologie, l'équipe crée des nouvelles méthodes de cartographie des cancers à haute-résolution, approches dites en « cellule unique ». Grâce à ces technologies, l'équipe capture les processus d'évolution des tumeurs du sein au cours des phases précoces de l'initiation tumorale et en réponse et en résistance au traitement du cancer, chez les patientes et dans des modèles murins.

Céline Vallot a créé son équipe à l'Institut Curie en 2017, employant à la fois des biologistes, des data analysts et statisticiens, constituant une équipe pluridisciplinaire de 12 personnes. En 2018, elle a co-fondé la plateforme Single-Cell de l'Institut Curie, permettant l'analyse de cellules unique dans l'espace et le temps à différentes échelles (ADN, ARN, épigénomes, protéines). L'équipe est notamment lauréate d'un financement européen ERC Starting Grant en 2020 puis d'une ERC Consolidator Grant en 2024, ainsi que d'une Chaire d'Excellence et de la médaille de l'Innovation du CNRS 2022.

En 2020, Céline a co-fondé la start-up One Biosciences, qui a pour objectif d'emmener les technologies en cellule unique jusqu'au patient grâce à l'IA, en proposant un test diagnostic haute-résolution pour aider au choix du traitement anti-cancéreux le plus adapté. One Biosciences, après une série A en juillet 2025, emploie aujourd’hui plus de 20 personnes et travaille en partenariat avec de nombreux hôpitaux (Institut Curie, Gustave Roussy, Centre Léon Bérard, Memorial Sloan Kettering Cancer Center, ...).

Des maths-physique à la biologie, de la recherche fondamentale aux applications cliniques, Céline Vallot aime à s’affranchir des lignes. Ingénieure polytechnicienne de formation, elle avoue avoir été séduite par la biologie quand elle a compris que les sciences pouvaient contribuer à éclairer la complexité du vivant :

« Et le cancer, avec la grande hétérogénéité des cellules tumorales et des processus en jeu, est un exemple fascinant de complexité ! commente-t-elle. Pour l’appréhender, la pluridisciplinarité y est particulièrement pertinente. C’est à cette intersection que je me sens à ma place. Mesurer, quantifier l’infiniment petit en concevant des méthodes et des techniques basées sur la physique, la modélisation, la gestion de données de masse me passionne. »

En rejoignant l’Institut Curie, elle réalise un rêve : « Fonder mon équipe dans l’institution créée par une physicienne comme Marie Curie, et collaborer avec l’Institut Pierre-Gilles de Gennes, autre Prix Nobel tellement inspirant, faisait sens. » Son défi ? « Adapter nos biotechnologies aux échantillons de patients pour caractériser les tumeurs sous toutes les coutures et mieux comprendre la résistance aux traitements. »En 2020, elle cofonde la start-up One Biosciences, dont elle est la directrice scientifique, et qui vise à apporter ses innovations au lit du patient ; en particulier, le développement d’un test diagnostique rapide pour proposer un traitement sur mesure, « pour aller jusqu’en clinique et faire le dernier kilomètre qu’on ne fait pas au labo », résume-t-elle.Céline Vallot a reçu le Prix Maylis attribué par la Fondation pour la Recherche Médicale.

« J’ai été touchée par l’obtention de ce prix, une reconnaissance de l’impact de nos travaux de recherche. Ce type de soutien est essentiel car il permet de financer des talents au profil particulier et d’être réactifs sur des projets très compétitifs. »

Pour évacuer la pression, elle a ses recettes : la natation, à raison de 2 à 3 km par semaine, les activités créatives et les congés, « indispensables et salvateurs ! ». Passionnée de vin, ses vacances sont souvent organisées autour de la découverte d’un vignoble en famille ou entre amis. De quoi, ensuite, revenir sereine à son objectif : mettre les sciences de l’ingénieur au service de la santé.

Céline Vallot étudie comment des changements réversibles de la structure de l’ADN, appelés modifications ou marques épigénétiques, influencent l’adaptation et l’évolution des cellules cancéreuses, en particulier au tout début de la formation des tumeurs et au cours des traitements. Son équipe a notamment découvert dans le cancer du sein triple négatif – un type de cancer du sein très agressif – qu’une modification spécifique de l’ADN, appelée H3K27me3, déterminait la sensibilité à la chimiothérapie : la perte de cette marque épigénétique dans la tumeur entraîne la résistance au traitement. En empêchant cette perte grâce à un médicament, combiné à la chimiothérapie, les scientifiques sont parvenus à renforcer l’efficacité du traitement et à retarder la rechute du cancer dans un modèle animal. Un premier pas vers une piste potentielle pour améliorer le pronostic des patientes.En parallèle, l’équipe de Céline Vallot tente de comprendre comment les cellules se transforment dans les premières étapes de formation des cancers du sein. Ces travaux fondamentaux pourraient ouvrir d’autres perspectives thérapeutiques innovantes dans ce cancer, aujourd’hui le premier cancer féminin.

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